Pourquoi ai-je choisi l'art thérapie ?

Updated: Oct 18, 2019

Dans l'introduction de mon mémoire de formation à l'Artec, j'explique ce qui m'a amenée sur cette voie. En espérant que ce parcours inspire modestement quelques uns...


Un chemin constellé d’étoiles…


Après une dizaine d’années en tant que graphiste, je sentais ma créativité et mon énergie se tarir… Elles étaient utilisées qu’à des fins superficielles et superflues, sans autre retour que monétaire. Si pour certains l’argent est une valeur énergétique d’échange, et si pour beaucoup l’argent est un moteur, cela ne m’animait plus. Il fallait que je découvre ma véritable essence, régénérante et inépuisable. Je ne savais pas où la trouver. Je savais juste qu’il fallait partir, quitter mon travail et Shanghai. Je savais juste que je devais voyager au plus profond de moi et au bout du monde, dans les contrées sauvages et primitives de ma psyché et de ma planète.

Alors je suis partie, guidée uniquement par mon intuition et l’univers. Et mon chemin, dans la nuit noire de l’âme, a été éclairé par de nombreuses étoiles. Il y a eu des étoiles inspirantes, comme Thao, professeure de méditation de pleine conscience à l’université Honolulu ; des étoiles qui guident les marins perdus, comme Christine et Joy d’Hollyburn Family Services à Vancouver ; des étoiles filantes, qui exhaussent les vœux, comme ma conseillère Pole-Emploi ; des étoiles solaires, qui nous baignent de leur lumière, ou d'autres plus confrontantes, qui exposent votre ombre, comme les formateurs de l'Artec ; sans oublier toutes celles rencontrées pour et lors de mes stages. Tant et si bien qu’avec tous ces astres alignés, je ne peux qu’être convaincue d’une chose : je suis sur la bonne voie !

Au delà des signaux extérieurs, il y a une conviction intime qui s’est forgée au cours de ma formation et ma pratique. L’informe prit forme, la petite rivière rejoignit le fleuve, la vague intuition devint postulat : je trouvais dans la psychologie humaniste les fondements théoriques sur lesquelles pouvaient s’appuyer mes profondes aspirations. Elles étaient là, en balbutiement, en brouillon, et ne demandaient qu’à être nommées pour être, telle une prise de conscience. Il y avait en effet, dans le mot « thérapie » quelque chose qui me gênait : le fait de soigner quelqu’un qui attend passivement, sans pouvoir sur lui-même, dépendant de l’autre. Il n’est pas dans ma nature d’être dans la position de la « patiente ». Non, j’ai envie d’être autant que possible actrice de mon propre bien-être. Et naturellement, ce qui valable pour moi, je le conçois pour les autres. C’est en cela que je rejoins les positions rogerienne et gestaltiste qui sont enseignées à l’Artec. Ainsi, pour moi, et comme les formateurs le soulignent, l’art-thérapeute n’est pas thérapeute mais un accompagnateur dans la découverte de soi, à travers sa créativité, car la créativité est salvatrice.

Tout comme avec le sport et la méditation, c’est dans la pratique que s’expriment les bienfaits de la créativité. Et la pratique passe par l’apprentissage, l’apprentissage authentique que concevait Carl Rogers. De ce fait, et à mon sens, l’art-thérapie s’apparente plus à une pédagogie qu’à une thérapie. C’est là que je diverge de la position de certains formateurs : je suis persuadée que des ateliers d’art-thérapie auraient leur place à l’école, comme c’est le cas dans les pays anglo-saxons (cf. article). Des ateliers créatifs existent déjà, mais il manque la considération de la dimension émotionnelle et relationnelle qu’englobe l’art-thérapie. L’enfance et l’école sont des périodes critiques dans la construction de la personnalité. La recrudescence des jeunes hyperactifs, en déficit de concentration, ou présentant des troubles autistiques, nous amène à questionner le système éducatif actuel, trop orienté « cerveau gauche ». Une approche « cerveau droit » par la créativité et l’écoute active semble un point majeur d’approche. Mes stages en milieu scolaire et périscolaire me confortent dans cette idée et mon projet professionnel se construit là dessus. Bien sûr, le terme « art-thérapie » ne serait pas approprié, voire même trompeur, et des ajustements seraient nécessaire pour correspondre aux besoins et à la sécurité des élèves et des institutions. C’est un processus qui ne fait que commencer…

Il y a en effet dans le cœur de chaque en enfant, une graine d’étoile qui ne demande qu’à germer. La mission que je me suis fixée est de permettre l’épanouissement de chaque jeune rencontré sur ma route, en devenant moi-même une petite étoile qui éclaire, une balise qui sécurise, un phare qui guide l’autre sur son propre chemin. Qu’à travers sa créativité, il devienne créateur de sa propre vie. Qu’à son tour, il devienne un astre lumineux.

Bien sûr, cela est ambitieux, mais selon Oscar Wilde : « Il faut toujours viser la lune, car même en cas d'échec, on atterrit dans les étoiles »



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